5 nov. 2014

Le mystère de la coupelle enfin élucidé ?

Mon amie Louisa est formidable. Elle fait du sport, s'occupe de ses enfants à merveille, mène une carrière universitaire de haute voltige, sa maison ferait blêmir les journalistes de Marie Claire déco, elle est toujours mince et jolie, se cultive, mange bio, est à l'écoute de son corps, et n'a pas non plus oublié de penser à la planète, cette bonne vieille planète. Nous sommes toutes un peu comme Louisa en fait n'est ce pas ? (en rêve oui !)


Sauf peut être pour cette histoire de planète... si si j'insiste, car trier ses déchets, prendre le train plutôt que l'avion, le vélo plutôt que la voiture c'est bien joli mais quand il s'agit de certaines pratiques plus intimes, je l'avoue, la planète passe après moi... Oh ne me jetez pas la pierre tout de suite, on va voir si vous êtes aussi fortes que vous le prétendez... Aimerez vous la planète au point de ...? Car voilà, Louisa m'a raconté qu'elle utilisait des coupelles menstruelles depuis plus d'un an maintenant...
Puisque Florence l'a annoncé hier, on en parle aujourd'hui, c'est parti. Comme toujours, y'aura les pour, y'aura les contre, et quoiqu'il en soit entre la poire et le fromage vous aurez comme toujours grâce à nous, de la conversation. Les garçons aussi, ne partez pas et lisez donc, les femmes frémiront, quelle sensibilité, cet homme qui s'intéresse aux femmes dans leur plus profonde intimité...

Photo : oui, comme Hugh Grant quoi

Il semblerait que la première coupelle ait été mise au point à la fin des années 30, mais comme elle était en caoutchouc et que cette matière était rare, donc chère, cette histoire n'a pas fait long feu. C'est vers la fin des années 80 qu'on en a entendu parler à nouveau. Je suis intimement convaincue que c'est le genre de truc que les populations Amish doivent'utiliser depuis très longtemps (probablement dans une version en vessie de porc). Les anglaises seraient paraît il sur le coup depuis une bonne dizaine d'années. Si on part du principe qu'une femme consomme en moyenne dans sa vie 10 000 protections - on vous épargne le calcul du coût moyen qui en découle... D'autre part, l'indice de pollution associé serait énorme (biodégradable mon œil), et récemment des américains très sérieux auraient mis en avant la toxicité des tampons. Les françaises commenceraient ainsi à s'y mettre, Louisa ne serait pas un Ovni comme on a pu le penser de prime abord... Le très sérieux l'Express lui a même consacré un papier. La coupelle présenterait ainsi deux avantages et pas des moindres : elle est résolument écolo et économique (une coupelle peut être utilisée accrochez vous, pendant 10 ans en moyenne pour un prix d'achat approximatif de 30 euros).
Photo : Dreamstime.com
Alors whatis ? Elles sont en général silicone médical (no allergies), souples, étanches, en forme de clochette aux bords arrondis avec une tige pour faciliter le retrait. Pour les sportives, elle seront plus rigides. L'engin mesure entre 40 et 60 mm et répondra aux doux nom de Ladycup, Divacup, Mooncup, Lunacopine, Si-Bell... On commence à en trouver au rayon beauté des magasins bios, et sur le net, ya tout ce qu'il faut.

Photo : L'accessoire presque mignon ? 

Comme on achète un jean on choisira sa coupelle : S, M ou L. Le marketing est évidemment passé par là et on découvre un petit objet presque mignon dans une gamme de coloris allant jusqu'au modèle à paillettes pour les plus funky (pour aller en boîte ?).

Photo : La ferme des Templiers, boutique bio & écolo

Regardez ce packaging tellement mignon qu'on pourrait s'y méprendre tant elle a des allures de Barbie princesse (le cadeau de Noël idéal, qui osera ?)

Photo : La Maison Ecolo

OK on avance, mais le dossier coupelles n'est pas encore d'une limpidité folle : comment ça marche ? Luisa nous assure que "c'est très agréable à utiliser mais qu'il faut un peu s'entraîner au début". Louisa est pourtant une fille agile, on doute encore un peu. (une histoire d'adhérence de la coupelle à déjouer avec tact lors du retrait semble t il).

Illustration : Martine et sa coupelle
Elle explique aussi qu'il faut quand même un certain sens de l'organisation pour gérer sa coupelle.
Imaginez, c'est l'heure, vous vous isolez aux toilettes pour retirer votre nouvelle copine en silicone. Vous êtes au boulot et les lavados sont à l'extérieur des toilettes et... il s'agit de ressortir des toilettes, d'aller rincer sa coupelle l'air de rien, (tiens justement la DRH se lave les mains, salut ça va Michèle ? Ben oui et toi tu fais quoi ? Je rince ma coupelle - Ah dis donc, bon on se retrouve en bas pour déjeuner ? oui je remets ma coupelle j'arrive) pour ensuite vous isoler à nouveau pour la remettre en place. Inutile de préciser qu'entre la phase 1 (on la retire), la phase 2 (on rince) et la phase 3 (on la remet en place), aem...

Une fois par mois, il vous faudra aussi la stériliser, histoire d'en finir avec les bactéries. On nage en plein glamour. Mais.... en fouillant un peu sur le net, on découvre un véritable monde parallèle de femmes impliquées dans la cause : la communauté Facebook existe et son slogan est sans équivoque "la coupe menstruelle : on adhère et on adore". Sans parler de nombreux sites webs, associations et autres forums tout entiers dédiés à la cause avec ma foi pas mal d'humour (le site raniania.fr existe, si, elles ont osé !) : 


Côté annonceurs, même parti pris même si ce rap de la coupelle manque un peu de crédibilité :



Cela va même encore plus loin, j'ai découvert sur un forum des adeptes s'échangeant avec passion des recettes pour colorer leur coupelle à base de café, myrtille, carotte ou betterave, sic. Car en effet, cette conversation avec mon amie Louisa m'a ouvert les yeux : celles qui l'ont adoptée en parlent avec un enthousiasme réellement étonnant ("Then I realised why menstrual cups are so fantastic" lit on sur le blog Trimester Talk... ; "Ca change la vie" explique la blogeuse Etpourquoipascolline).
Tout cela pour vous dire, que si nous y viendrons peut être toutes un jour, eh bien moi je ne suis pas encore au point pour rejoindre la communauté des coupelles girls,  planète ou pas planète, porte monnaie ou pas porte monnaie ; n'allez pas non plus imaginer, SUNDAY MORNING amies, que pour pouvoir vous en  parler aujourd'hui, j'ai essayé (Dégonflée ? Oui tout à fait !)
Alors, adeptes de la coupelle, manifestez vous, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis me répétait ma grand mère, c'est semble t il  tout un univers qui nous reste à découvrir. Ou pas !



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