11 juin 2014

Au Château du Lude pour le Prix Redouté

Château du Lude et sa façade est, néoclassique.
Depuis 15 ans, le prix Pierre-Joseph Redouté récompense, le premier week-end de juin, un ouvrage consacré au jardin. C'était l'occasion rêvée d'aller passer une journée dans un vrai château, le Château du Lude, de flâner dans un magnique parc qui compte une roseraie, un labyrinthe en buis (non, rien à voir avec celui-ci, brrrr), et de goûter à la fameuse douceur angevine.

Petit mémo historique et architectural. Le Chateau du Lude est le plus nordique des châteaux de la Loire. Cette ancienne forteresse érigée au moyen-âge, idéalement située à la frontière de l'Anjou, du Maine et de la Touraine, a longtemps été la propriété des Anglais avant d'être récupérée par les Français au XVème siècle. Au fil des ans, le château a épousé les courants architecturaux en vogue : Renaissance, néoclassique et néogothique. Nombreuses sont les figures historiques qui y sont passées : Barbe bleue s'y est battu, Henri IV, la Louis XIII et la Marquise de Sévigné y ont séjourné.



Les statues rouges d'Anne Morea
Arrivé tôt le matin (comptez une petite heure de route depuis Le Mans), un café sur la terrasse avalé, on file visiter la bâtisse. Ses galeries souterraines (les enfants adorent !), les tours aux étroits escaliers en colimaçon, la fraîcheur du salon et son odeur de feu de cheminée, et surtout, les cuisines, qui n'ont pas vraiment bougé depuis le… moyen-âge. On y confectionne aujourd'hui des confitures avec les fruits du verger : fraises, rhubarbe et framboises en ce début juin.

Les confitures, élaborées dans la cuisine (médiévale !) du Lude.
Superbe collection de casseroles en cuivre.
Pour assurer la sécurité des cuisinières, rien ne vaut une belle tresse d'ail.
A peine le temps d'un petit tour sous une chaleur écrasante dans le parc, et c'est déjà l'heure du déjeuner. Après un apéritif à base de sirop de rose et de champagne (délicieux !) les mêmbres du jury présents ainsi qu'une bonne soixantaine d'invités gagnent leur table pour un excellent déjeuner, à l'ombre. 

Déjeuner en sympathique compagnie
Une dernière bouchée du café gourmand et on file au clou de la journée : la remise du prix Redouté.

Petit rappel : en l'an 2000, la comtesse Barbara de Nicolaÿ, dont la famille possède le châteaux depuis près de trois siècles, décide de créer un prix littéraire qui récompensera les plus meilleurs ouvrages consacrés au jardin. Elle rassemble autour d'elle un jury assez hétéroclite de passionnés, pas 
nécessairement professionnels (on a ainsi pu croiser Marie-Anne Chazel et Jacques Grange) qui est resté quasiment le même depuis le début de l'aventure. Soutenu par l'Institut Jardiland, qui leur laisse une totale liberté de choix, assure-t-elle, le jury permet au lauréat d'empocher un chèque de 4000 €.

Cette année, ses neuf membres (dix avec Barbara) ont salué sept livres, parmi lesquels La biodiversité, amie du verger d'Evelyne Leterme aux Editions du Rouergue ou comment un mode de culture ancestral, basé sur l'association d'espèces différentes complémentaires permet de lutter naturellement et efficacement contre les maladies et les parasites du jardin. Une telle méthode va évidemment dans le sens de l'époque, celui d'une démarche plus écologique et durable. Le jury a également distingué le travail très fouillé de Patricia Bouchenot-Déchin et du photographe Georges Farhat sur André Le Nôtre (Le Nôtre en perspectives aux éditions Hazan). Et enfin, au rayon "pratique" une technique assez peu rencontrée ici, mais dont on va certainement parler : Le Jardinage sur bottes de paille aux éditions Rustica.
Mais le vainqueur du prix Redouté, même s'il ne traite pas de jardin, c'est Il était une forêt de Luc Jacquet et Francis Hallé (Actes Sud), qui récompense le travail de fourmi d'un grand arpenteur de la planète et que l'on peut également découvrir en film.

And the winner is… l'épouse de Luc Jacquet (à gauche) vient chercher
le prix P.-J. Redouté remis par Barbara de Nicolaÿ.
Avant de repartir et de quitter le Lude, une petite virée shopping parmi les exposants s'imposait.

Le safran poussera-t-il cet automne ? Réponse dans 6 mois…

De l'ail et de l'oignon rocambole. Rien que pour le nom…

Du mobilier de jardin inspiré par le bois des palettes. On peut même s'amuser à le peindre.

Bye bye la vie de château… On se serait presque habitué !






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